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Elections fédérales
1991-2007 : Analyse d'indicateurs et des résultats des principaux partis

Parti en tête, 2011

En 2011, l’UDC est en tête dans la majorité des communes du pays, et apparaît extrêmement dominant de Berne à la Thurgovie, ne laissant là que les centres au PS, et quelques miettes au PLR et au PDC. Le PDC arrive en tête dans quelques cantons catholiques, notamment le Valais, Lucerne, le Jura et de larges régions du Tessin et des Grisons. Le PS arrive en tête dans les grands centres, et de plus en plus dans les agglomérations à l’ouest du pays, de Lausanne à Bâle. Le PLR n’est plus en tête que dans quelques régions bien définies : à Genève, Neuchâtel, Uri, quelques belles banlieues vaudoises et de larges parts du Tessin. Verts et Vert’libéraux ne sont pratiquement jamais en tête, mais le PBD est parvenu à ce résultat à Glaris et dans de larges parties des Grisons.

Parti en tête, 1991-2011

Le paysage politique suisse était beaucoup plus bigarré en 1991 qu’en 2011, avec au moins quatre partis dominant des régions distinctes. Le PLR dominait l’ouest de la Suisse et Bâle, le PDC faisait de même avec l’ensemble des cantons et régions catholiques du pays, l’UDC dominait à Berne, Zurich, Thurgovie et de larges parts des Grisons. Le PS n’arrivait en tête que dans quelques centres industriels et banlieues de gauche. Depuis, l’UDC a progressivement colonisé preque l’ensemble du pays, et le PS en a profité pour prendre les centres.

Distance entre le parti en tête et le second parti, 2011

En Suisse Romande, au Tessin, et dans une moindre mesure autour de Berne, Bâle et Lucerne, la distance entre le parti en tête et son poursuivant immédiat est de moins de 5 points : le paysage politique y est donc très compétitif. A l’opposé, dans de grandes régions du pays, le parti en tête est très loin devant : c’est le cas notamment des régions alpines, du Valais aux Grisons et en Appenzell, et moins nettement dans une vaste région de Suisse Alémanique s’étendant de l’Argovie à la Suisse orientale.

Distance entre le parti en tête et le second parti, 1991-2011

De manière générale, le paysage politique suisse est devenu nettement plus compétitif depuis 1991. De plus, la géographie de la compétition a changé : en 1991, les régions les plus compétitives du pays se situaient dans le nord du pays, entre Berne et Zurich, alors que la Suisse Romande était très marquée par un parti dominant. Le Tessin était déjà très compétitif, alors que les régions catholiques de montagne étaient encore plus monolithiques qu’aujourd’hui.

Diversité de représentation des 5 principaux partis, 2011

La Suisse de 2011 connaît une variété inédite dans son paysage politique : dans les régions de plaine, de Genève à St-Gall, les sept formations principales du pays ont toutes une place notable, et le paysage politique est ainsi éclaté, de Genève à Romanshorn. Il n’y a plus guère que dans quelques régions alpines qui connaissent un monopole ou un binôme politique fort. Dans la grande majorité des régions suisses, au moins quatre formations se battent pour la primauté politique, et dans trois cantons (ZH, BE, AG), les sept formations parviennent à faire des sièges au conseil national.

Diversité de représentation des 5 principaux partis, 1991-2011

Le paysage politique suisse s’est très fortement diversifié dans les vingt dernières années, diversification qui s’est brutalement accélérée en 2011. En 1991, la diversité était très faible dans les cantons catholiques et périphériques, souvent confrontés à un parti très dominant ou à un binôme. La diversité n’était forte qu’en région de Berne et de Bâle à la Thurgovie. Depuis, de nouvelles formations ont ouvert le paysage politique presque partout, souvent de manière massive, comme en Suisse Romande. Seules quelques régions alpines (Haut-Valais, Grisons) restent très peu diverses politiquement.

Pourcentage des voix réalisé par le parti en tête, 2011

Le niveau du parti dominant est au plus haut dans quelques régions alpines, notamment celles où il n’y a qu’un siège à repourvoir, comme Uri, Glaris et Appenzell. Dans les cantons concurrentiels, les régions catholiques alpines sont parfois marquées par un parti très fort, comme en Haut-Valais ou dans certaines régions grisonnes. Quelques campagnes alémaniques sont également marquées par un parti fort. En revanche, le niveau du parti en tête est très bas en Suisse Romande (spécialement en plaine), dans les grands centres et au Tessin, et plus généralement dans l’ensemble des régions de plaine.

Pourcentage des voix réalisé par le parti en tête, 1991-2011

L’évolution du score du parti en tête est en baisse, modérée jusqu’en 2007 mais forte depuis. Il avait basculé spatialement entre 1991 et 2007. En 1991, le niveau du premier parti était très faible dans les régions du grand Zurich. En Suisse Romande en revanche, le phénomène inverse s’est produit, avec une nette chute des scores des partis en tête. Dans les Alpes, le parti en tête a plutôt bien résisté et son niveau reste très élevé en 2007. En 2011, toutefois, l’ensemble des régions de plaine connaît une faible avance, et donc une forte concurrence pour la première place.

Résultats de l'Union Démocratique du Centre (UDC), 2011

Le premier parti de Suisse, l’UDC, est particulièrement fort dans les régions rurales du canton de Berne, et dans celles du grand Zurich, d’Argovie en Thurgovie. Il est également très implanté dans le reste du pays, apparaissant tout de même légèrement plus faible dans les villes et certaines campagnes, notamment romandes. Le Tessin est le seul canton compétitif qui lui échappe encore ; il perd également dans les régions du Mittelland bernois, ainsi qu’aux Grisons.

Résultats de l'Union Démocratique du Centre (UDC), 1991-2011

En vingt ans, l’UDC a pratiquement triplé son score électoral. Cette poussée sans précédent s’est faite avant tout dans les cantons d’où l’UDC était absente en 1991 : les cantons catholiques. Ainsi, le parti a progressé de manière massive à St-Gall, Schwyz, Lucerne ou Soleure. La progression est également spectaculaire dans les cantons romands, sensible en Argovie, Thurgovie, Schaffhouse et à Zurich, mais pratiquement nulle à Berne et au Tessin. Dans de rares cantons, l’apparition du PBD l’a contraint au recul : Grisons, Glaris et certaines régions bernoises.

Résultats du Parti Socialiste Suisse (PSS), 2011

Le PS, 2ème parti du pays, montre une carte sans énormes variations : la gauche est souvent présente à un niveau comparable, 20% à travers le pays. C’est dans les régions industrielles de périphérie : arc jurassien, Schaffhouse, qu’il est le plus fort. Il est également très fort dans les grands centres, et de manière plus générale en Suisse Romande, où il est très présent même dans les campagnes, et dans les régions urbaines. A l’inverse, il reste faible dans les campagnes alémaniques (Lucerne, Thurgovie) et les Alpes.

Résultats du Parti Socialiste Suisse (PSS), 1991-2011

Des grands partis suisses, le PS est le seul qui est essentiellement resté stable sur la durée, montrant une courbe inverse que celle des Verts : une forte poussée en 1995, et un fort reflux en 2007. La géographie du vote socialiste entre 1991 et 2007 est restée très stable, montrant tout au plus un renforcement du PS en terre romande, et un certain affaiblissement dans les banlieues des métropoles alémaniques. Mais l’image générale reste celle d’une grande stabilité.

Résultats du Parti Libéral-Radical (PLR), 2011

Le PLR, 3ème parti du pays après en avoir été longtemps le premier, a désormais une géographie électorale éclatée. C’est en Suisse Romande qu’il est le plus fort, au bénéfice de l’absorption récente des libéraux : ainsi de Genève à Neuchâtel. Il est également très implanté au Tessin, et fort à Soleure et Lucerne. En revanche, il est désormais très faible à Berne et dans le grand Zurich, à l’exception des communes les plus aisées de cette région.

Résultats du Parti Libéral-Radical (PLR), 1991-2011

La chute du PLR depuis 1991 est impressionnante. Massive en Suisse Romande où le binôme radical-libéral dominait très fortement de Genève au Jura, elle est également très marquée dans l’aire métropolitaine bâloise et à St-Gall. Dans les régions plus centrales de la métropole zurichoise, le PLR, plus faible au départ, a plutôt mieux résisté, mais nulle part le parti n’est parvenu à se maintenir à ses niveaux d’antan – à l’exception de Berne, où il était déjà très affaibli en 1991.

Résultats du Parti Démocrate-Chrétien (PDC), 2011

La carte du vote PDC reste fortement cantonale : le parti démocrate-chrétien reste très fort dans les cantons catholiques (Jura, Fribourg, Soleure, Suisse Centrale et Orientale), même s’il n’est plus majoritaire que dans quelques régions alpines (Valais, Appenzell, Surselva grisonne). il est en revanche souvent très faible dans les cantons protestants, qui sont en même temps les grands cantons urbains du pays. Ainsi, le PDC apparaît-il comme le parti des périphéries, comme il a longtemps été celui des catholiques.

Résultats du Parti Démocrate-Chrétien (PDC), 1991-2011

Le score du 4ème parti de Suisse, le PDC, a baissé lors des vingt dernières années, mais de manière très différenciée selon les régions. Le recul est massif dans ses bastions de plaine, comme à Fribourg, en Argovie, Thurgovie, St-Gall, alors que le parti a mieux résisté dans les Alpes. Ceci étant, les élections de 2011 marquent le début d’un recul plus sensible dans les régions alpines et un fort retrait dans les cantons urbains où il avait réalisé un bon score en 2007. Le PDC redevient ainsi un parti régional.

Résultats des Verts et Alliance Verte (PES), 2011

5ème parti de Suisse, les Verts sont un parti urbain : il obtient très souvent ses meilleurs scores dans les grandes villes. Il est également très présent dans certaines régions métropolitaines : l’arc lémanique, la métropole bâloise et l’agglomération de Berne sont très vertes, plus que la région zurichoise, où le parti est concurrencé par les Verts-Libéraux. Les Verts ont beaucoup moins de succès dans les régions de campagne, et dans les Alpes et au Tessin.

Résultats des Verts et Alliance Verte (PES), 1991-2011

Les Verts ont connu une évolution en dents de scie depuis 1991 : la crise les fit en effet fortement reculer de 1991 à 1999, et de nouveau en 2011 ; ils ont connu en revanche une forte ascension de 1999 à 2007. Durant les 20 dernières années, au total le parti est resté pratiquement stable, tout en modifiant un peu sa géographie, qui a basculé vers l’ouest : c’est en effet à Bâle et en Suisse Romande que le mouvement a le plus progressé, alors qu’il est resté essentiellement stable dans la moitié orientale du pays – il a même reculé depuis 1991 dans l’est du pays.

ELECTIONS

Conseil National Tous les résultats des élections 2003 et 2007.

Conseil des Etats Tous les résultats des élections 2003 et 2007.